Bukavu : plus de 20 journalistes formés par JPDDH sur le « journalisme sensible aux conflits »
L’organisation Journalistes pour la promotion de la démocratie et des droits humains (JPDDH) a organisé ce jeudi 5 mars, une séance de formation à l’intention de plus d’une vingtaine de journalistes de Bukavu et de ses environs, sur le « Journalisme éthique et sensible aux conflits». Objectif affiché : la promotion et la compréhension de l’éthique ainsi que de la sensibilité aux conflits.
Cette formation s’inscrit dans le cadre du projet « Appui à la protection des journalistes, lutte contre la désinformation et les discours de haine au Nord et au Sud-Kivu »avec l’appui de NED.
Selon la coordinatrice de JPDDH, Munkwa Gabriella, l’activité permet de discuter sur les défis auxquels les journalistes font face, particulièrement dans un environnement marqué par des tensions sociales et politiques à l’Est de la République démocratique du Congo. Elle s’inscrit en outre dans une volonté de renforcer les compétences professionnelles des journalistes afin qu’ils puissent produire une information crédible et équilibrée, dans le respect des principes déontologiques du métier en adoptant une approche sensible aux conflits.
« En offrant un cadre de formation et d’échanges, l’initiative vise à outiller les journalistes pour qu’ils deviennent des acteurs de confiance, capables de transformer leur plume et leur voix en instrument de paix et de dialogue,» a-t-elle indiqué.
Le facilitateur lui, le professeur Adolphe Kilomba Sumahili est revenu sur la responsabilité du journaliste dans un contexte marqué par l’insécurité et les tensions communautaires. Pour lui, la collecte et la diffusion de l’information demeurent un exercice complexe pour les professionnels des médias, d’où la nécessité pour eux, d’adopter des pratiques responsables afin d’éviter la propagation des fausses informations et des discours incitant à la haine.
« Le travail de collecter, de diffuser les informations est un travail complexe dans un contexte de conflit. Voilà pourquoi nous avons échangé sur ce que signifie le journalisme sensible aux conflits,» a-t-il expliqué.
Le professeur Kilomba a insisté sur la vérification de faits, soulignant l’importance de la diffusion d’une information qui contribue à la paix.
« À chaque rédaction d’un papier, à chaque diffusion d’un reportage, le journaliste avant de diffuser doit se poser les trois questions : est-ce que je crée le conflit! il vérifie son papier ; est-ce qu’en traitant cette information il y a un élément qui diminue l’intensité du conflit ; est-ce que la manière de traiter le conflit contribue à la résolution de ce conflit,» a-t-il suggéré.
Après cette formation, le professeur Kilomba a estimé que cette séance est capitale et va absolument apporter un changement dans la manière de faire de chaque participant, précisant que le « journaliste qui a été formé ne sera plus comme celui qui ne l’a pas été ».
Les participants ont salué l’organisation de cette formation à leur intention, invitant JPDDH et son partenaire NED à multiplier régulièrement des activités de capacitation en leur faveur.
« À travers cette formation, nous avons compris qu’il est très important de travailler de manière à ne pas créer des conflits en tant que journaliste mais de travailler pour leur résolution. Nous nous engageons à travailler dans la neutralité et l’impatialité. Par cette occasion, je propose que ce genre de formation soit continuelle, afin de nous mettre à jour, » s’est exprimé un journaliste de la radio La colombe de Nyangezi/Walungu.
Ce sentiment est partagé par Altina Rutaha, qui voit cette formation comme une solution aux problèmes que connaissent les journalistes.
« Cette formation était très bénéfique pour nous. On l’attendait depuis toute cette situation. Déjà en tant que journaliste, nous vivons dans une situation de psychose, on ne sais où on peut se référer et comment on peut se comporter dans l’exercice de notre métier. Du coup cette formation vient pour nous comme une solution,» a-t-elle reconnu.